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Crédit: Keyvan Nourian / Studio River
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Keyvan Nourian, Creative director et co-fondateur du studio River

03 avril 2024 Portraits
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Diplômé de la Licence professionnelle Création et Développement Numérique en Ligne en 2009, Keyvan Nourian a débuté sa carrière en tant que web designer et directeur artistique avant de co-fondé Studio River, son propre studio de Motion Design au tout début de l’avènement de ce nouvel art visuel.

 

 

 

Vous avez été diplômé de la Licence professionnelle Création et Développement Numérique en Ligne en 2009, pouvez-vous nous résumer votre parcours depuis l’obtention de votre diplôme ?

J’ai toujours été très attiré par la vidéo. Avant d’intégrer GOBELINS j’ai fait un BTS montage audiovisuel et une licence d’art appliquée. J’ai également monté un collectif pour réaliser des clips vidéo.

 

Je me suis ensuite intéressé au numérique pour pouvoir apporter une corde supplémentaire à mon arc en apprenant à développer. J'avais déjà commencé à apprendre le HTML et le Javascript. 

 

Deux mois après l’obtention de mon diplôme, j'ai intégré Eurokapi, en CDI. J’occupais un poste un peu hybride. L’entreprise commençait à s'ouvrir à la vidéo et mon profil, à la rencontre de la vidéo et du numérique digital, leur a plu. J’ai commencé à travailler sur des animations Flash avec un peu d’After Effects, c'était le tout début de ce qui deviendra le motion.

 

Je suis resté 6 ans dans cette entreprise, d’abord en tant que Graphiste, Infographiste, Webdesigner, Directeur Artistique puis j’ai pris la direction de création du pôle Motion Design d’Eurokapi.

 

C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Pierrick Selva (mon associé) qui travaillais comme freelance pour le pôle. Nous avons eu envie de monter notre propre studio. Le motion étaient encore quelque chose de très nouveau et 8 ans plus tard nous sommes toujours là.

 

 

 



Pouvez-vous nous en dire plus sur « Studio River », le studio que vous avez co-fondé avec Pierrick Selva ?

C’est un pure player orienté vers le motion design. A la création du studio, nous avons commencé avec de la 2D after classique (animation keyframe) et du frame by frame. L’introduction de la 3D dans le motion s’est fait petit à petit.

 

Nous essayons d'englober tout ce qui est lié à la création animée et audiovisuelle, de l’écriture à la réalisation. Nous sommes souvent sollicités pour de la conception-rédaction, de l’écriture de scénario, des concept arts, des mood-board, de la direction artistique...

 

Depuis quelques années, nous sommes très focalisés sur la 3D, nous faisons aussi du live, des publicités, des tournages, du VFX… mais la 3D reste notre cœur de métier. Nous sommes vraiment reconnus pour ça.

 

Nous travaillons pour des domaines très variés. Nous avons commencé avec des data-motion pour des marques du CAC 40 et des banques puis nous nous sommes assez vite orientés vers le luxe, la cosmétique et la food.

 

Nous n’avons pas fait le choix de nous spécialiser comme le font beaucoup de studio pour pourvoir explorer tous les domaines. Nous travaillons aussi bien pour Dassault que Cacharel ou encore La Fédération française de rugby

 

 

 



Pourquoi avez-vous créé votre propre studio ?

Notre idée de départ c’était de créer une association, que nous avions appelé River Dog, pour parler de motion.

 

Nous avions fait développer un site pour publier des articles sur les dernières releases, les derniers évènements, les artistes à suivre…Nous avons eu envie de mettre cette énergie au profit de notre propre structure et River Dog est devenu River.

 

Ce partenariat est aussi né de notre vision commune du design et de la créativité. Nous ne nous retrouvions pas toujours dans les commandes sur lesquelles on nous demandait de travailler, nous avions envie d’aller vers un autre type de clientèle et de pouvoir expérimenter nos propres réussites et nos propres échecs.

 

 

 



Votre rôle de manager vous permet-il de continuer la création ?  

Nous sommes 6 permanents, nous pouvons monter jusqu’à 8 ou 9 en fonction de l’activité.

Nous sommes en création tout le temps.

 

En fonction des projets, il peut nous arriver de travailler uniquement en direction de création et en management mais nous animons le plus souvent possible. Mon associé réalise actuellement les animations sur des films pour Dassault et je viens de terminer deux films pour Ploom, une marque de cigarettes électroniques japonaise.

 

Nous avons besoin d’avoir les mains dans la production. C'est un peu dur quand on aime la création de devoir y renoncer. Le milieu évolue très vite, les techniques et les logiciels se renouvellent constamment, on peut être très vite dépassé si on commence à se détacher de la création.

 

En tant que manager c’est aussi plus compliqué de diriger des équipes quand on ne met pas la main à la pâte, surtout quand on fait appel à des profils avec des savoir-faire spécifiques. J’ai besoin de savoir comment ça marche pour pouvoir estimer correctement les plannings et les délais.

 

 

 



Quel est le projet qui vous a le plus marqué ?

Le projet qui a tout changé pour nous c’est le Manifesto que nous avons réalisé pour la Motion Plus Design. Kook Ewo, le fondateur du festival, est venu me chercher il y a 4 ans pour nous proposer de faire partie des partenaires.

 

Il nous a demandé de faire une petite présentation du studio, à diffuser sur les écrans d’affichage pendant le festival. Au lieu de réaliser une demo reel classique (c’est-à-dire un montage de nos projets) nous sommes partis sur une création purement originale, une sorte de manifesto de ce qu'on aime faire, court et très dynamique.

 

Le film a été très bien marché, il a été diffusé sur Motionographer, sur Stash et nous a permis d’être repérés à l'étranger.

 

Aujourd'hui, le studio est représenté aux États-Unis, en Chine et en Allemagne. C'est ce film qui a fait la différence. Nous avions déjà une grosse notoriété en France à ce moment-là, mais pas à l'international et c'était un marché compliqué à atteindre. Le manifesto nous a ouvert des portes.

 

 

 



Qu’est-ce que qui vous plait le plus dans votre métier ?

L’écriture reste ce qui nous plait le plus. Le motion ce n’est pas uniquement faire du beau. C’est un travers que l’on retrouve souvent dans le luxe. Il faut que l'image soit esthétique mais on ne raconte rien.

 

Les projets qui nous plaisent le plus sont ceux qui nous permettent d’allier la créativité et le storytelling. Nous avons de plus en plus de clients récurrents qui nous font confiance et qui nous donne une grande liberté créative. C'est un vrai luxe. Nous essayons aussi de sortir un à deux projets persos par an. C’est notre leitmotiv.

 

Cette année nous allons faire l'oponer la de la prochaine édition de la Motion Plus à Tokyo, c’est l'occasion d'expérimenter des choses et de travailler sur des vidéos

 

 

 



Que pensez-vous de l'arrivée de l'IA ?

Je pense que nous sommes tous un peu perdus face à l’IA mais il ne faut pas la voir comme une menace mais plutôt comme un outil.

 

L’IA apporte aussi des choses très intéressantes. Nous l’utilisons pour des textures qui seraient trop compliquées à faire en procédural par exemple. Nous utilisons aussi Chat GP pour développer et gagner du temps. 

 

En revanche, elle peut être problématique dans l’approche clientèle. Les agences de communications qui font principalement du consulting ou de l’accompagnement vont avoir tendance à vendre des concepts crée par l’IA sans prendre en compte la faisabilité de ces projets.

 

Pour elles, l’IA est une aubaine. Les logiciels comme Midjourney vont leur permettre de créer facilement des concept art, des storyboards, des scénarios, sans avoir besoin de compétences particulières. En bout de course, ils vont avoir tendance à se tourner vers des pure player comme nous pour effectuer les modifications demandées par le client, ce qui engendre une augmentation énorme des coûts qu’ils n’avaient pas anticipé.

 

Il va y avoir un temps d’adaptation. L’arrivée des templates After Effect avait aussi fait du mal au métier mais les choses se sont rationnalisées. Avec la plupart des outils, l’engouement fini par s’essouffler et les choses se normalisent.

 

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un ou une jeune diplômé.e ?

C'est un peu difficile de se projeter aujourd'hui avec l’arrivée de l’IA et de savoir qu’elle sera notre métier dans 5 ans ou dans 6 ans.

 

C'est intéressant de commencer par travailler pour une grande agence pour comprendre ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas et pouvoir ensuite développer sa créativité en travaillant en freelance ou chez un pure player. C’est le parcours que j'ai suivi.

 

Quand on travaille dans une grosse agence de communication on est souvent un petit rouage dans la machine mais c’est ce type de structure offre la possibilité de se créer un réseau solide, de rencontrer pleins de gens qui peuvent changer votre vie plus tard.

 

 

 




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