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Pauline Seigland et Lionel Massol, producteurs césarisés

04 janvier 2023 Portraits
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Tous deux diplômés de la Licence Gestion de Production Audiovisuelle, respectivement en 2007 et 2008, Pauline Seigland et Lionel Massol ont fondé leur société de production, Films Grand Huit en 2015. Lauréats de 3 césars et nommés plusieurs fois aux festivals de Cannes, Venise, Locarno et Toronto, ils ont à cœur d’accompagner les réalisateurs vers le long-métrage et de mettre en avant des films singuliers. 

 

 

 

 

Quels ont été vos parcours professionnels ?

 

Pauline : Lionel a appris le métier dans les sociétés de production, il a été le bras droit de plusieurs producteurs, dont notamment Elisabeth Perez, la productrice des films de Catherine Corisini. Il a également été directeur de post-production de La Belle saison, toujours de Catherine Corsini

 

De mon côté, j’ai passé toute ma carrière sur les plateaux de tournage. J’ai commencé à travailler comme secrétaire de production, puis je suis devenue coordinatrice et enfin directrice de production. J’ai travaillé sur les films de Christophe Honoré et d’autres réalisateurs moins connus. 

 

Nous avons évolué tous les deux en parallèle pendant quelques années avant de créer notre société en 2015. Petit à petit nous avons laissé nos autres activités derrière nous pour nous nous consacrer entièrement à Films Grand Huit. 

 

 

 

 

 

 

Comment avez eu l’envie de créer votre propre société de production ?

 

Pauline : Nous nous sommes rencontrés en BTS Audiovisuel à Toulouse, puis nous avons tous les deux poursuivis nos études à Gobelins. Il nous est arrivé ensuite assez souvent de travailler pour les mêmes sociétés de production, Lionel en tant que salarié et moi en tant qu’intermittente. Nous formions un bon binôme, nous étions très complémentaires et nous étions également amis dans la vie. 

 

Nous avions été confrontés à pleins de modèles de sociétés et nous avons eu envie de créer le nôtre, de faire les choses à notre manière pour voir émerger des films différents. C’était notre vœux pieu et c’est que nous avons réussi à accomplir jusqu’ici. 

 

 

 

Les Mauvais garçons d'Elie Girard 

 

 

 

L’année 2022 a été riche en actualités avec deux césars pour Les Mauvais Garçons (César du meilleur court fiction 2022 ) et Maalbeek (César du meilleur court doc 2022). 

 

Pauline : Les Mauvais garçons est un moyen métrage.  C’est très difficile de faire émerger ce type de format dans l’économie existante du cinéma français mais nous avons eu la chance de le produire avec Arte. Le film est porté par Elie Girard, un réalisateur que nous aimons beaucoup. 

 

Nous avions déjà collaboré avec lui en tant chef opérateur sur d’autres films, c’est quelqu’un que l’on estimait beaucoup. Il avait écrit au départ une fiction radiophonique et il a pensé à nous pour l’adapter au cinéma. 

 

Nous avons été tout de suite très enthousiasmés par le scénario. Le film a eu une vie extraordinaire et nous avons pu le sortir en salles où il a eu un gros retentissement, ce qui est rare pour des films de ce format-là.

 

Maalbeek, c’est une très belle histoire aussi, réalisée par Ismael Joffroy Chandoutis. Nous avions déjà vu Swatted, son précédent film, réalisé sur le même procédé, un subtil mélange entre animation, fiction et documentaire. 

 

Le film a eu également une très belle vie, d’abord à la semaine de la critique puis avec les sélections qui ont suivi un peu partout jusqu’aux Oscars où il est qualifié pour 2023

 

 

 

Maalbeek de Ismael Joffroy Chandoutis

 

 

 

Vous faites partie du collectif 50/50, en quoi cet engagement se reflète-t-il dans votre travail ?

 

Pauline : J’ai fait partie du conseil d’administration et je suis toujours membre du collectif tout comme Lionel et Jules (notre troisième producteur associé). 

 

Globalement notre société est sensible aux questions de parité et diversité, nous y réfléchissions quotidiennement pour être le plus en phase possible avec nos idées en essayant toujours de faire toujours un auto-examen pour vérifier que nous sommes bien sur la bonne voie. 

 

 

 

 

 

 

Vous avez commencé la préparation de la série d’animation La Vie de château, d'après un 26 minutes du même nom, lauréat du prix du Jury à Annecy,  pouvez-vous nous en dire plus ? 

 

Lionel : Très vite après avoir fait le 26 minutes, nous avons eu envie de continuer à raconter l’histoire de Violette et de Régis. C’était aussi une vraie volonté de France Télévisions.

 

Nous avons réfléchi au format idéal avec Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, les deux réalisateurs, et la mini-série s’est imposée. Elle permet de pouvoir jouer sur les ellipses entre les épisodes et ainsi de faire grandir Violette jusqu’à la fin de CM2.  Le financement touche à sa fin, la livraison de la série est prévue pour le premier semestre 2024.

 

 

 

L’animation c’est quelque chose vers lequel vous voulez tendre à l’avenir ?

 

Lionel : Nous sommes retournés à nos premiers amours de façon presque accidentelle, au gré des rencontres. Nous avions déjà produit un court-métrage de fiction de Clémence Madeleine-Perdrillat et c’est elle qui nous a proposé de répondre à l’appel à projet lancé par France Télévisions : « Ecrire pour une héroïne contemporaine ». 

 

Notre modèle c’est de suivre nos auteurs où qu’ils aillent, quel que soit le format qu’ils nous proposent. L’idée c’est vraiment de grandir avec eux

 

Si l’expérience de La Vie de château conforte cette envie et nous montre que l’animation peut être un modèle économique viable pour l’extension de la société, nous pourrons être amenés à produire plus de projets d’animation. 

 

 

 

La Vie de château de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi

 

 

 

Travaillez-vous souvent avec des ancien.ne.s de Gobelins ? 

 

Lionel : Marine Robert-Mérigot, la directrice de production de l’unitaire de La Vie de château, était dans ma promo, c’est pour cette raison que j’ai fait appel à elle. Par ailleurs, nous co-produisons la série avec Xilam, donc nous travaillons avec plusieurs autres anciens sur ce projet. 

 

Pauline : De mon côté, j’ai rencontré Mathilde Elu, l’une de nos réalisatrices, à Gobelins. Nous sommes devenus très proches, j’ai produit son court et maintenant nous allons produire son long.  

 

 

 

Brazil de Mathilde Elu 

 

 

 

Vous avez agrandi la société en 2021 en implantant un deuxième bureau à Quiberon, en Bretagne, pourquoi ce choix ? 

 

Lionel : Pauline étant d’origine bretonne nous avons toujours gardé un lien très fort avec la Bretagne qui est une vraie terre de cinéma, aussi bien pour l’animation que la prise de vue réelle. Nous avions cette envie, le confinement aidant, de prendre un peu de recul vis-à-vis de Paris. 

 

L’idée c’est de pouvoir jongler entre des bureaux parisiens et des pôles en Bretagne pour accueillir nos auteurs en résidence. Nous aménageons actuellement une salle de montage.

 

 Nous souhaitons également mettre en place des partenariats, notamment avec le cinéma de Quiberon pour développer notre activité bretonne de façon organique

 

 

 

 

Interview par Sophie Jean




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