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Children in the bus, Lucie Hosdiene Darras Children in the bus, Lucie Hosdiene Darras
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Lucie Hodiesne Darras - Photographe

13 mai 2022 Portraits
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Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?


Je viens d’être sélectionnée pour la grande commande photographique de la BNF en partenariat avec le Ministère de la Culture : “Radioscopie de la France : regards sur un pays traversé par la crise sanitaire”.

 

Pour ce projet, je souhaiterai aborder les répercussions psychologiques de la crise pandémique sur les personnes porteuses d’un handicap mental.

 

Je travaille également sur un autre projet qui traitera de l’endométriose et des douleurs liées au corps féminin.

 

 

 

Vous êtes sortie en 2020, à une période compliquée, quel  a été votre parcours ?


Je suis sortie en pleine crise du Covid donc la plupart des activités artistiques étaient à l'arrêt. J’ai fait un peu d'assistanat pour le studio Swissmiss à Paris puis j’ai dû rentrer en Normandie.

 

Je me suis servie de cette période comme si c’était une résidence artistique et j’ai trié les 3000 photos que j’avais prises pendant mon stage à l’étranger au Sri Lanka pour sortir Ceylon Diary, un premier livre en auto-édition, à la manière d’un carnet de voyage.


Cette pause m’a aussi permis de travailler sur un autre projet de livre. J'ai repris Lilou, la série de photos sur mon frère que j’ai présentée comme projet de fin d’études. J’ai trouvé un éditeur juste après ma soutenance de mémoire et je viens de finir de travailler sur la maquette.

 

J’ai aussi exposé Lilou, au festival Revela’T, un festival de photo argentique à Barcelone et au festival Fotolimo, à la frontière Franco-catalane.

 

 

 

Rainy day in Galle, Lucie Hodiesne Darras

Fingers, Lucie Hodiesne Darras

 

 

 

Vous avez remporté plusieurs prix pour Lilou, dont le prix pour la vocation de la Fondation Marcel Bleustein Blanchet, qu’est-ce qui vous a poussé à développer ce projet ?


J’ai commencé la série en première année, c’était la première fois que je faisais de l’argentique. Il fallait raconter une histoire en 36 poses, pendant les vacances de la Toussaint. Je me suis tout de suite dit que j’allais le faire sur mon frère pour montrer le quotidien d’une personne autiste.

 

J’ai pris les photos sans savoir ce qui allait se passer, j’ai juste saisi l’instant présent. Quand j’ai vu les images après le développement ça m’a beaucoup ému, j’ai vu que j’avais mis beaucoup de mes émotions et de l’amour que je porte à mon frère. J’ai eu de très bon retours sur mon travail, notamment lors de la lecture de portfolio au festival Visa pour l’image à Perpignan c’est ce qui m’a donné envie d’aller plus loin.


Au fur et à mesure de l’avancée de mon travail je me suis aperçue qu’il y avait très peu de visibilité sur le quotidien et la prise en charge des enfants et des adultes autistes et c’est devenu mon leitmotiv. J’avais envie de changer le regard sur les troubles autistiques.

 

J’ai su rapidement que je voulais transformer ce projet en livre et j’ai été accompagnée par la fonction Marcel Bleustein Blanchet avec qui j’ai réalisé une première exposition en région parisienne et par le Crédit Agricole, en tant que lauréate du concours “Révèle ton talent”

 

Cette année j’ai reçu également le soutien de la banque solidaire d’image Pic&Pick me dans mes actions de sensibilisation pour changer le regard sur le handicap

 

 

 

Vous avez également travaillé sur un autre projet d’édition,  Looking for my own body


J’ai commencé cette série juste avant ma soutenance de mémoire en septembre 2020. J’avais envie de montrer en images comment on se reconstruit après un traumatisme d’ordre physique ou psychologique, ce qu’il se passe à l’intérieur de soi. Je voulais créer des images dans lesquelles chacun puisse se retrouver quelque soit son l'histoire.

 

J’ai choisi le sténopé pour son côté intemporel et un peu mélancolique, mais aussi parce qu’il met bien en lumière cette thématique d’enveloppe corporelle. Je voulais créer un objet avec cette série donc j’ai sorti un livre en septembre 2021, avec Bis éditions, intitulé BLOGUE 001.

 

 

 

Looking For My Own Body, Lucie Hodiesne Darras

Looking For My Own Body, Lucie Hodiesne Darras

 

 

 

Quelles sont vos sources d’inspirations ?


J’aime énormément le travail de Diane Arbus, parce qu’elle met en lumière tous ceux qu’on a tendance à invisibiliser dans la société. Je pense aussi à Sabine Weiss, elle a cette même douceur dans le regard qu’elle porte sur ces sujets, elle arrive à capter pleins d’émotions à travers les yeux des personnes qu’elle photographie.

J'aime aussi beaucoup le travail de Sebastiao Salgado c’est une référence pour moi par rapport à sa technique du noir et blanc, il a une façon de saisir la lumière qui est assez incroyable.

 

J’ai également été énormément influencée par le cinéma dans la composition de mes plans. Mon frère a un côté un peu rock star, un peu icône du cinéma donc le travail de Dennis Stock et ses portraits de James Dean m’ont beaucoup inspirée pour Lilou

 

 


Pouvez-vous nous raconter un bon souvenir de vos années à Gobelins ?


Un de mes meilleurs souvenirs c’était quand on est partis en workshop en Toscane. C’était très enrichissant d’un point de vue créatif, ça ressemblait vraiment à une résidence.  


J’ai beaucoup aimé aussi la complicité qu’il pouvait y avoir entre les membres de la promo, on pouvait compter les uns sur les autres, il n’y avait pas de compétitions comme on pourrait le craindre dans le milieu de l’art.  

 

Les professeurs étaient également très à l’écoute et disponibles, notamment Laetitia Guillemin  et Jerôme Jehel qui nous ont accompagnés sur nos projets documentaires. 


Le réseau Gobelins c’est très important, on a l’impression quelque part d'appartenir à une grande famille

 

 

 

Lilou, Lucie Hodiesne Darras

Lilou, Lucie Hodiesne Darras

 

 

 

Quels conseils donneriez-vous à un.e jeune diplômé.e ?


On a tendance à se sentir seul après la sortie de l'école, il ne faut pas avoir peur d'aller vers les gens, de faire des lectures de portfolio, de se présenter à des directeurs de festival. Il ne faut pas hésiter à montrer son travail, il y a tout à gagner et rien à perdre.

 

C’est important aussi de répondre à des appels à projets et ne pas se laisser décourager par les refus, ce sont choses qui arrivent, il faut continuer et expérimenter plein de choses. 

 

 

Où pourra-t-on voir votre travail prochainement ? 


Je vais exposer Lilou au Rotterdam Photo Festival du 18 au 22 Mai, l’occasion de faire évoluer et voyager la série.  

 

 

 

 

 

 

Interview par Sophie Jean




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