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Nocturnes, Charlotte Mano Nocturnes, Charlotte Mano
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Charlotte Mano, Photographe

21 mars 2022 Portraits
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Vous avez été diplômée de la du bachelor Photographe et Vidéaste en 2017. Pourquoi avez-vous choisi la photographie, qu’est-ce qui vous plaît dans cet art/ce médium ?


Ce que j’aime avant tout depuis l’enfance c’est raconter des histoires. J’ai d’abord entrepris des études de littérature pensant allier mon goût pour la lecture avec l’écriture, mais une fois mon diplôme en poche j’ai ressenti le besoin de m’exprimer de manière concrète et c’est par la photographie que j’ai pu le faire très naturellement. Je trouve que c’est un médium sensible et qui laisse beaucoup de place au hors champs et à l’interprétation.

 

C’est aussi un médium très nostalgique en ce sens que l’image prise appartient tout de suite au passé, ce qui correspond parfaitement à ma personnalité. J’aime aussi son vocabulaire « sensuel » voire mystique avec des mots comme « diaphragme » « ouverture », « miroir », « sensibilité », « révélateur » ce sont à mon sens des choses très palpables lorsqu’on a un appareil photo en main, c’est instinctif.

 

 


Vous avez présenté votre série “AIRES” lors de la semaine d’ouverture des rencontres de la photographie à Arles en 2016 alors que vous étiez encore étudiante. Cette opportunité vous a-t-elle ouvert des portes pour la suite ? 


Être exposée dans ce contexte c’est en fait comme une sorte d’accélérateur de rencontres professionnelles. J’ai pu, au-delà de l’exposition, montrer mon travail à des agents, des galeristes et des institutions qui m’ont fait un retour constructif et m’ont aidé dans l’évolution de mon travail et mon tout début de carrière. Certains font encore partie de mon réseau aujourd’hui. Chaque année, c’est pour moi un rendez-vous tant humain que professionnel que j’attends avec impatience.

 

 

Portrait, Jeune fille au collier, Charlotte Mano

Portrait Silhouette féminine de dos, Charlotte Mano

 

 

Votre série “Thank you Mum” a obtenu le Prix HSBC pour la Photographie en 2020, vous avez ensuite publié un ouvrage rassemblant toutes ces photos, quel est votre prochain projet ?


Je travaille actuellement sur plusieurs projets que j’appelle de « transition » avec la série « Thank You Mum ». C’est un projet qui était lourd et que j’ai porté durant trois ans. Aujourd’hui j’expérimente de nouvelles techniques historiques que je mélange avec du numérique, ça n’a pas encore de nom, ni de formes définitives, affaire à suivre…

 

 

 

Quelles sont vos influences? Où puisez-vous votre inspiration? Vous semblez être très inspirée par votre famille et vos souvenirs d’enfance. 

 

Mes influences évoluent avec les années. La littérature fantastique du XIXème siècle reste comme une douce mélodie dans ma tête avec ces histoires de hantise et de double. Des artistes plasticiens comme Oscar Muñoz,  qui traitent de la mémoire et de la matérialité de l’image,  sont une inspiration également. Le théâtre de Pina Bausch en est une autre.

 

Ma famille et mes souvenirs d’enfance ne sont pas ce que j’appelle une inspiration mais plutôt une matière concrète avec laquelle je peux exprimer des sensations, des sentiments. Ils sont souvent le point de départ de quelque chose de très personnel que je cherche à exploiter, ils me permettent d’essayer d’aller du singulier à l’universel.

 

 

Thank you Mum, Charlotte Mano

Thank you Mum, Charlotte Mano

 

 

Vous travaillez à la fois sur des commandes et sur des projets personnels. Comment choisissez-vous vos collaborations ?  


J’essaie de collaborer avec des gens qui ont plus ou moins le même univers que moi ou alors un langage commun. L’idée c’est de s’unir pour aller plus loin, de se nourrir mutuellement plutôt que l’un soit au service de l’autre. La rencontre humaine est primordiale à mon sens. D’ailleurs à ce jour je suis plutôt dans une démarche de transmission et j’interviens dans différentes écoles, notamment à Gobelins.

 

 

 

Pouvez-vous nous raconter un bon souvenir de votre passage à Gobelins ?

 

Il y en a beaucoup, c’est difficile de choisir. Nous étions vraiment comme une famille dans ma promotion (la promo 2017). Je crois qu’un des meilleurs souvenirs restent une excursion avec nos professeurs à Malicorne pour photographier la lune et rencontrer Hubert Reeves, c’était très émouvant.

 

 


Quels conseils donneriez-vous pour réussir dans la photo aujourd’hui ?

 

Je ne cacherai pas que c’est un métier difficile et souvent précaire (je parle en mon nom et dans mon parcours de photographe « artiste »). Mais c’est un métier/ une passion que je n’abandonnerai jamais, c’est viscéral. Je conseille donc à tous(tes) d’aller jusqu’au bout de leur vocation, de rester concentrer sur leurs objectifs, d’apprendre toujours, de ne pas se laisser atteindre par les critiques et les refus. Et surtout bien s’entourer, c’est primordial ! 

 

 

 

 

 

 

Interview par Sophie Jean




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